«Les microplastiques (minuscules particules de plastique de moins de 5 millimètres) sont trop petits pour être retenus par les systèmes de filtration d’eau. Par conséquent, ils se retrouvent dans nos lacs, nos rivières et nos océans.» Gouvernement du Canada
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Les microplastiques sont partout et hors de question de s’en laver les mains. D’où viennent-ils ? Quels impacts ont-ils ? Et surtout, comment faire notre part pour réduire leur présence dans notre eau, notre air, nos sols ? Marie Doiron-Proulx, de l’Organisme de bassins versants Duplessis, sur la Côte-Nord, nous guide dans cet univers microscopique aux impacts macroscopiques.

Signe que l’enjeu est de plus en plus important, le Mois de l’eau 2026, en juin, s’est tenu sous la thématique « Plastiques : du visible à l’invisible, agissons sur tous les fronts ».

« Dans les 75 dernières années, il y a eu énormément de production de plastique dans le monde. On peut même parler d’une explosion de l’utilisation du plastique pour son côté pratique, léger. Tout ça a des impacts environnementaux énormes ! », lance d’emblée Mme Doiron-Proulx, détentrice d’une maîtrise en biogéosciences de l’environnement.

Car ces plastiques que nous utilisons dans la vie de tous les jours sans trop nous en soucier finiront immanquablement par se dégrader dans notre environnement.

Pailles de plastique
Une règlementation pour limiter ou interdire la production et la distribution de plastiques à usage unique est un pas dans la bonne direction.

« Ils se décomposent très très lentement, se dégradent en minuscules morceaux, qu’on appelle les microplastiques ou nanoplastiques », poursuit-elle. Plusieurs de nos activités quotidiennes contribuent à leur production, explique Marie Doiron-Proulx qui cite en exemple le séchage du linge comprenant des fibres synthétiques, qui se désagrègent petit à petit ou l’usure des pneus sur les routes qui relâchent des petits fragments. « Il y en a partout ! »

Notre région, évidemment, n’est pas épargnée.

« Il y a du plastique chez nous, chez vous, partout. Et ces microparticules peuvent s’envoler au vent, ruisseler, s’infiltrer dans les eaux souterraines. Des animaux vont manger ça. Les plus gros animaux vont manger les petits animaux qui ont avalé du plastique, ce qui fait un effet de bioaccumulation dans le réseau alimentaire. Il y en a dans notre eau, dans les poissons, la viande que l’on consomme. Il y en a même dans l’air », énumère Mme Doiron Proulx.

Les effets sur la santé des animaux et des humains sont de plus en plus documentés et le drapeau rouge est levé.

Assiette avec verre en plastique en guise de repas

 

Selon le Conseil national de recherches du Canada, les Canadiens consommeraient plusieurs grammes de plastique chaque année? Qui plus est, le Forum économique mondial estime que «le poids des matières plastiques pourrait dépasser le poids des poissons dans nos océans et nos cours d’eau d’ici 2050.»

« Les microplastiques ont des effets sur les systèmes immunitaire, reproducteur et nerveux non seulement des animaux, mais chez nous, les humains aussi. Ils sont associés à plusieurs maladies, comme les inflammations intestinales. Ils s’accumulent dans le cerveau. On a trouvé beaucoup de microplastique dans le cerveau de gens aux prises avec des maladies comme l’Alzheimer… »

Selon les recherches, les femmes enceintes et les personnes immunosupprimées sont plus vulnérables aux effets des microplastiques.

Outre les efforts individuels (voir autre texte), il peut y avoir une véritable prise de position au niveau des gouvernements, estime Mme Doiron-Proulx.

« Au niveau de la réglementation gouvernementale, il peut y avoir des mesures efficaces. Au Canada, il y a des restrictions sur les plastiques à usage unique-paille, sac de plastique… On compte également sur un registre canadien adopté pour surveiller les industries productrices de plastique qui doivent analyser et déclarer le cycle de vie du plastique, de sa production à son utilisation à comment on s’en départit. »

Du travail reste à faire sur la chaine de recyclage, de réutilisation et de revalorisation.

Divers programmes scientifiques sont en cours pour étudier les microplastiques.

« Au niveau mondial, toutefois, les négociations pour établir des traités juridiquement contraignants sont difficiles. C’est encore sur la table, mais il n’y a pas encore de consensus », conclut Marie Doiron-Proulx.

Agir pour réduire

Parmi cette accumulation de mauvaises nouvelles émane tout de même un certain espoir. Car oui, nous avons le pouvoir d’agir, lance Marie Doiron-Proulx.

« Il ne faut pas tellement pas négliger le pouvoir du consommateur ! Dans notre système, c’est l’offre et la demande qui mènent. Si on demande moins de plastique, si on en achète moins, on peut être des agents de changements. On a un poids comme consommateur ! », dit-elle, convaincue.

Il est impossible de sortir tout le plastique de nos vies du jour au lendemain, évidemment.

« Graduellement, à la fin de vie utile des produits en plastique qu’on utilise, on peut les remplacer par des produits qui ne sont pas ou le moins de plastique », estime toutefois Marie Doiron-Proulx, en donnant quelques exemples.

Préférer les poêlons en fonte aux poêlons antiadhésifs.

Choisir des jouets pour enfants en bois plutôt qu’en plastique.

Côté garde-robe, adopter les fibres naturelles plutôt que synthétiques.

En cuisine, privilégier les outils en bois ou en métal.

Éviter de faire chauffer les plats de plastique dans le micro-ondes, ce qui accélère la dégradation du plastique et conséquemment la production de micro et nanoplastiques.

Bannir les bouteilles à usage unique.

Fréquenter les épiceries en vrac.

Le saviez-vous?

Depuis les années 1950, on estime que plus de 8 milliards de tonnes de plastique ont été produites sur la planète. Les microplastiques sont des particules de plastique de moins de 5 mm de diamètre, qui se retrouvent dans l’environnement.

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